4 questions cruciales pour déterminer si vous avez besoin d'un cofondateur

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Pour toute personne qui se lance "corps et âmes" dans un projet entrepreneurial, se pose à un moment ou à un autre la fameuse question: "Ai-je besoin d'un cofondateur ?".Comme toute question qui mérite un article, la réponse ferme, définitive et en 3 lettres n'existe pas. Elle dépend de vous, de votre personnalité d'entrepreneur, de votre projet, de votre contexte, etc.

Ceci dit, de notre expérience, il y a des questions que vous, en tant qu'entrepreneur pouvez (et devez) vous poser pour augmenter vos chances de trouver "votre" bonne réponse.

Nous insistons vraiment sur ce "votre réponse", car combien d'entrepreneurs ne parviennent pas à s'écouter, combien d'entrepreneurs font finalement des choix qu'ils ne sentaient pas au départ, qui leur étaient contre-intuitifs ? Comme tout domaine, l'entreprenariat est soumis à ses modes et à ses tendances qui peuvent rapidement devenir des injonctions. Il est de bon ton de faire le choix A plutôt que le choix B etc.

Pour vous questionner et répondre le plus sincèrement possible à cette question capitale, laissons donc de côté les jugements, les vogues et les engouements actuels et concentrons-nous simplement sur vous, vos compétences, votre projet et vos besoins.

La première question peut paraître évidente mais elle vaut la peine qu'on lui consacre un peu de notre attention.

1. Si vous écoutez votre for intérieur, dans votre entreprise rêvée, y a-t-il un cofondateur ?​​​​


Êtes-vous persuadé que vous serez plus satisfait et pensez-vous que le projet sera meilleur avec un cofondateur plutôt que si vous êtes tout seul ?

Fermez les yeux et imaginez le projet : à sa tête, vous et un cofondateur compétent (sans être pour autant votre jumeau).

Ensuite imaginez le projet avec 1 ou bien "1,5 vous" à sa tête. Si dans votre imagination, le projet avec "plusieurs vous" est celui qui va le plus vite tout en étant pertinent et efficace, c'est que vous n'êtes pas forcément fait pour vous associer.

Pour sincèrement partager son projet, il faut être profondément persuadé que le projet sera bien meilleur s'il y a "un moi" et un autre, plutôt que "2 moi".

2. Ressentez-vous au plus profond de vous de quoi affronter les montagnes russes de l'entreprenariat tout seul ?​​​

Photo by Matt Bowden on Unsplash

Cette question comporte en fait deux parties distinctes :

  1. La question des compétence
  2. La question de la détermination (certains diront l'acharnement !)

  1. La réussite entrepreneuriale nécessite un panel de compétences large qu'il est extrêmement difficile de cumuler dans une et même personne. Il est donc important de se poser la question crûment : est-ce que j'ai "en interne" les compétences suffisantes pour mener à bien mon projet ? Ou encore : est-ce que je peux "m'offrir" ces compétences avec une qualité et intensité suffisante sans donner le statut de cofondateur (c'est-à-dire sans partager mon projet et ma vision avec quelqu'un d'autre) ?
    Oser se poser cette question est important car cela vous permettra d'aborder sereinement et ouvertement la question des différentes stratégies dont vous disposez pour intégrer à votre projet des compétences manquantes. Ces stratégies sont nombreuses et diverses. Elles viennent toutes avec leur lot d'avantages et de désavantages et l'intégration d'un cofondateur n'en est qu'une parmi d'autres : bénévolat, free-lance, associé au capital du projet, etc.

  2. Ensuite, il faut se projeter dans ce que sera votre quotidien d'entrepreneur, il sera aussi rude que passionnant. Au départ de cette aventure, constituer un binôme et être une équipe soudée peut être à la fois apaisant et revigorant. On pourra alors se serrer les coudes lorsque le projet fait face au vent ; tout comme on pourra partager et profiter de ses réussites ensemble lorsqu'il nous souffle dans le dos.
    Avez-vous la volonté féroce et la ténacité suffisante pour avancer seul, par monts et par vaux ? Êtes-vous prêt à payer le prix de cette solitude pour le bien de votre projet ?

Ce second questionnement, sur l'étendue de votre résilience à l'entreprenariat solitaire, est à la fois le plus difficile et le plus important. Contrairement aux compétences, la détermination à mener à bien un projet, quoiqu'il en coûte, ça ne se trouve pas ! 


3. À quel point êtes-vous ferme sur votre projet, sur votre vision et ses déclinaisons opérationnelles ?​
 

Lorsque vous vous posez des questions sur l'entreprenariat, n'hésitez jamais à aller voir de quel bois se chauffe le monde des start-ups.

Si nous pensons que les réflexions du monde de la de start-up constituent un véritable intérêt, ce n'est absolument pas parce que nous pensons être une nation où toutes les entreprises doivent être des start-ups ! Nous essayons d'apprendre de ce milieu-là parce qu'il apporte des réponses et des points de vue pertinents sur des sujets qui concernent tous les entrepreneurs. Notamment sur le sujet de la co-fondation.

Une start-up, c'est une entreprise qui cherche l'hyper-croissance rapide pour arriver à la rentabilité. Ce sont des projets entrepreneuriaux où la pression et la nécessité de production sont extrêmes, il s'agit par conséquent d'une sorte de concentré d'entreprenariat. Ici tout va plus vite, tout va plus fort, les réussites comme les gaufres, les histoires d'amour entre cofondateurs comme les ruptures fracassantes, les réussites flamboyantes comme les morts quasi-instantanées.

Comme le montre la 17e raison du listing ci-dessous, l'une des causes de l'échec des start-ups, c'est la mésentente au sein de l'équipe fondatrice : 


La raison 1 de cette illustration nous indique quand même que Paul Graham ne se mouille pas outre mesure quant à la nécessité de la co-fondation.

La leçon à tirer de ce constat, c'est que lorsqu'on embarque un cofondateur dans le cockpit de l'avion, il faut être prêt à prendre le temps de négocier, d'argumenter, de convaincre ou bien d'être convaincu.

Il faut donc se préparer à changer d'avis et à trouver des compromis tout en continuant de croire au projet avec la même force (voire plus) que si nous en avions décidé toutes les coutures.

Fermez les yeux et posez-vous les questions suivantes :

  • Êtes-vous prêts à la lenteur, aux temps d'arrêt, aux prises de recul que nécessiteront obligatoirement le pilotage à deux ?
  • A quel point pensez-vous que votre projet a besoin de ces temps-là pour parvenir à maturité ?
  • Avez-vous une vision, une stratégie et un business plan clairs, définis et arrêtés où il ne manquerait plus qu'à exécuter ?
  • Avec quelle facilité et avec quelle confort avez-vous changé ou bien atténué vos avis par le passé ? Vous sentez vous prêt à l'adoption de cette posture et de ce partage ?


4. Est-ce qu'il existe dans votre réseau des candidats légitimes et naturels ?


Indépendamment des réponses aux questions ci-dessus, y-a-t'il dans votre entourage ou dans celui du projet une personne qui se démarque, avec qui il semble naturel et facile de travailler ? Si vous connaissez quelqu'un avec qui vous aimez discuter et partager des idées sur le projet, une personne qui vous fait avancer dans votre réflexion, qui vous convainc, qui semble intéressée et potentiellement très impliquée sur le projet, pourquoi vous en priveriez-vous ? et pourquoi en priveriez-vous le projet que vous avez décidé de porter ?

Prenez le temps de vous poser ces questions calmement, en étant le plus sincère et authentique possible avec vous-même.

La relation qui anime des cofondateurs est l'une des relations les plus intenses qui puissent exister entre deux personnes. Lors des débuts de l'aventure entrepreneuriale, vous passerez potentiellement plus de temps avec votre cofondateur qu'avec vos amis ou votre compagnon ! Il est donc inenvisageable de prendre cette question à la légère. Ne vous mentez pas aujourd'hui car c'est le genre de relation à laquelle vous ne pourrez pas mentir.

C'est un choix aussi difficile qu'important, vous avez maintenant des éléments pour trouver la réponse, en vous et autour.

5. Un exercice pour avancer

Avant de se quitter, je vous propose de prendre une feuille de papier et de répondre tranquillement aux questions suivantes, ce sont des réponses libres, racontez comme si vous répondiez à un ami qui vous pose ces questions :

  1. Si vous fermez les yeux et que vous imaginez que votre projet est un succès dans 3 ans, y a-t-il un cofondateur à vos côtés ? Pour vous aider à répondre, on vous propose de réfléchir à tous les projets que vous avez porté. Étiez-vous seul ou bien plusieurs ? Que vous ayez été seul ou à plusieurs, comment vous êtes-vous senti par rapport à ce nombre et pourquoi ?
  2. Par le passé, quand vous avez rencontré des situations où vous manquiez de compétences, qu'avez-vous ressenti et quelles solutions avez-vous trouvé pour résoudre ce manque de compétences ? Avez-vous fait appel à des prestataires extérieurs ou avez-vous d'abord cherché à construire des solutions avec vos collègues ? Lorsque vous avez surpassé des coups durs, par quels moyens et/ou grâce à qui avez-vous surmonté les difficultés ?
  3. À la lumière de ces expériences et de ces situations, pensez-vous avoir en votre for intérieur de quoi affronter les montagnes russes de l'entrepreneuriat tout seul ? Expliquez-vous, qu'est-ce qui vous fait croire ça ?
  4. À quel point êtes-vous ferme sur votre projet, sur votre vision et ses déclinaisons opérationnelles ?​ Est-ce qu'un cofondateur apporterait une valeur ajoutée sur la question ou des alors des associés ou salariés suffiraient-ils ? Pour quelles raisons ?
  5. Êtes-vous prêt à la lenteur, aux temps d'arrêt, aux prises de recul que nécessiteront obligatoirement le pilotage à deux ? Avez-vous déjà été confronté à cette organisation dans vos expériences professionnelles, et comment appréhendez-vous le travail partagé ? A quel point pensez-vous que votre projet a besoin de ces temps-là pour parvenir à maturité ?
  6. Pensez à des situations passées. Avec quelle facilité et avec quel confort avez-vous changé ou atténué vos avis ? Vous sentez-vous prêt à l'adoption de cette posture et de ce partage ?
  7. Est-ce qu'il existe dans votre réseau des candidats légitimes et naturels ? Est-ce que vos amis vous ont déjà demandé si un tel ou une telle était pressenti dans le projet car ils pensent que cette personne pourrait être pertinente ?

Pour vous faciliter la tâche, nous vous avons préparé le questionnaire au format pdf. Vous n'avez plus qu'à l'imprimer, vous isoler et y répondre au calme.

Partagez vos réponses et/ou vos ressentis quant à l'exercice dans la section commentaires. Nous nous ferons un plaisir d'en discuter avec vous et ça alimentera des échanges qui promettent d'être riches pour tous.

Bon courage et n'hésitez pas à nous faire part de vos expériences dans la section des commentaires ! 


À très vite,

Les éthipreneurs.

 

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mardi 23 juillet 2019