L'impact social, de quoi s'agit-il vraiment ?

Impact

​L'impact social a le vent en poupe. La formule est de plus en plus répandue. On en tapisse les discours entre un "innovation sociale" et un "économie circulaire". Mais de quoi s'agit-il vraiment ?

Si vous lisez cet article, c'est que comme nous, vous vous intéressez de près aux impacts de vos faits et gestes sur la société dans son ensemble. Comme nous, vous voulez, dans votre quotidien ou bien dans votre projet entrepreneurial œuvrer pour votre version du "bien commun". Vous voulez sans doute que votre projet ait un "impact" positif sur le monde. Nous vous comprenons totalement car il s'agit également du moteur principal du projet des éthipreneurs : faire en sorte de participer à une transition vers un monde que nous considérons meilleur.

C'est pour ça que vous trouverez sur notre site de l'impact à tout va : 

"Formez-vous.
Faites-vous accompagner.
Et renforcez votre impact."

"Une entreprise engagée se préoccupe de l'impact social et environnemental de ses actions",

etc, etc, etc

L'impact est le moteur de notre action. 

Nous faisons partie de ce mouvement sociétal de plus en plus large où citoyens et structures cherchent à avoir le plus d'impact possible, qu'il soit social ou environnemental. Un pan entier de ce mouvement concerne le monde de l'entreprise qui voit de plus en plus d'entrepreneurs vouloir "entreprendre autrement" (ça vous dit peut-être quelque chose ;)), c'est ce qu'on appelle communément les entrepreneurs sociaux.

Mais qu'entendons-nous par impact finalement ?

Ce terme englobe différentes notions et différents aspects qu'il vous faut maîtriser car ils seront essentiels à différents moments de la vie de votre projet. C'est ce que j'aborde dans cet article, qui vous détaille le pourquoi du comment de l'impact ! 

Dans un premier temps vous découvrirez ce qu'on entend par "impact social", et dans une seconde partie vous verrez à la fois pourquoi sa maîtrise est aujourd'hui incontournable et comment vous pouvez le mesurer.

1) L'impact social, c'est quoi ?

Commençons par une lapalissade : quand on parle d'impact dans ce contexte-là, on parle évidemment d'impacts positifs. L'impact qu'on recherche est forcément - et selon notre définition - positif. Lorsqu'il s'agit de tout casser, nous n'avons jamais eu besoin de nous poser 8 milliards de questions, les choses se font, hélas, assez naturellement.

D'ailleurs, il faut être au clair ; lorsqu'on utilise le terme "positif", que l'on parle de technologie, d'impact ou de psychologie, il y a toujours un "jugement de valeur" : le nôtre. Un impact est "positif" selon notre définition et notre carte du monde.

Prenons un exemple simple et terre à terre qui parlera à tout le monde (et encore plus à nos compatriotes du sud-ouest) : la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées françaises. Il illustre nettement la subjectivité qui peut être allouée l'évaluation d'un impact

Selon que vous êtes un écologiste, militant pour la biodiversité ou bien un éleveur de brebis pyrénéen, votre évaluation de l'impact de cette réintroduction sera très probablement différente.

Partons donc de la définition donnée par le conseil supérieur de l'économie sociale et solidaire (CSESS) : 

"L'impact social consiste en l'ensemble des conséquences (évolutions, inflexions, changements, ruptures) des activités d'une organisation tant sur ses parties prenantes externes (bénéficiaires, usagers, clients) directes ou indirectes de son territoire et internes (salariés, bénévoles, volontaires), que sur la société en général.
Dans le secteur de l'économie sociale et solidaire, il est issu de la capacité de l'organisation (ou d'un groupe d'organisations) à anticiper des besoins pas ou mal satisfaits et à y répondre, via ses missions de prévention, réparation ou compensation. Il se traduit en termes de bien-être individuel, de comportements, de capabilités, de pratiques sectorielles, d'innovations sociales ou de décisions publiques."

Alors oui, comme toute définition rédigée par tout "Conseil Supérieur" qui se respecte, elle est relativement illisible même si on apprécie son exhaustivité.

En gros, l'impact social, c'est l'ensemble des conséquences (sous-entendus "positives" encore une fois) causées et dues à notre activité. Et lorsqu'on parle et entend parler d'impact social, on se rend vite compte qu'il englobe tous les impacts considérés comme positifs, c'est-à-dire, les impacts positifs sur :

  • Les individus
  • L'environnement
  • La société
  • L'économie
  • La politique
Illustration Avise

Vous qui par exemple, avez un projet dont le but est de favoriser la biodiversité dans les champs agricoles français, vous cherchez à avoir un impact environnemental, et en ce sens, vous faites évidemment partie des entrepreneurs dits "sociaux" et ce même si votre projet n'est pas dans le champ "social" à proprement parler.

C'est donc ça l'impact social qui caractérise le fameux "entrepreneuriat social" ou bien entrepreneuriat "engagé" si on veut éviter la confusion. Cet entrepreneuriat est une manière d'entreprendre où ce qu'on va chercher en premier lieu, c'est cet impact "positif" pour la société. Ce que cet entrepreneuriat veut en définitive, c'est œuvrer pour l'intérêt général.

Maintenant que cette notion est clarifiée, voyons désormais ce que cela implique. 

2) L'impact social, comment fait-on ?

L'entrepreneuriat engagé pérenne et efficace, c'est une destination, des combustibles et un compas !

a) La destination

Cette destination idéale vers laquelle vous brûlez d'emmener votre projet, c'est la résolution du problème auquel vous vous attaquez. Il s'agit souvent d'un enjeu, d'un problème qui vous touche profondément. Réfléchissez-y, clarifiez votre ambition, devenez expert de ce problème car il va dormir à vos côtés pour les années à venir. Si vous voulez avoir une chance de le supporter et de le résoudre, maîtrisez-le sur le bout des doigts, dans toute sa complexité !

"Si j'avais une heure pour résoudre un problème, je passerais cinquante-cinq minutes à définir le problème et seulement cinq minutes à trouver la solution."

Attribuée à Einstein (rien n'est moins sûr)

Il est essentiel d'être passionné par le problème que vous voulez résoudre et non par "votre" solution. Gardez en tête que le but de votre engagement n'est pas que "votre" solution et "votre" ego marquent l'histoire entrepreneuriale, mais bien que le problème soit résolu. Qu'importe si c'est votre premier ou quatrième essai qui y parvienne, le but est de participer, par tous les moyens dont vous disposez, à résoudre ce problème.

b) Les combustibles

Pour arriver à vos fins, vous allez devoir utiliser tous les combustibles à votre disposition : des galons de motivation, des cartouches de réseau et toutes les entrées d'argent que votre modèle économique pourra vous garantir.

Plus spécifiquement l'argent 

Toute personne qui a eu l'opportunité de voir fonctionner une entreprise sait que l'argent ne peut pas y être tabou. Il en va de même dans l'entrepreneuriat engagé. Peut-être par contre que dans ce type d'entrepreneuriat, plus qu'ailleurs, l'argent doit rester à la place dont il ne devrait jamais sortir, celle réservée à un combustible : nécessaire mais surtout pas suffisant car il n'est pas "un but en soi". A quoi bon accumuler du combustible si on ne désire aller nulle part ? 

Comme l'oxygène qu'on inspire et qui n'est que le moyen de faire vivre notre corps, l'argent n'est, dans l'entreprenariat engagé, que le moyen de faire tourner le modèle économique afin d'atteindre l'impact positif visé.

c) Le compas pour calculer et mettre à jour sa route : la mesure d'impact ! 

Comment savoir si vous vous rapprochez ou pas de la destination finale ? Comment savoir si vous n'êtes pas en train de perdre la boussole ? Comment mettre à jour votre cap en fonction des vents et des tempêtes que votre projet traverse ? Comment prouver que votre action a un intérêt réel ?

Pour cela il est vital de "mesurer son impact". Avoir la sensation que ce que vous faites va dans "le bon sens" ne suffit pas. Dans un projet qui vous tient autant à cœur, vos biais cognitifs sont trop forts, vous avez à la fois trop à gagner et trop à perdre. Vous ne pouvez par conséquent pas faire confiance à votre "bon sens". Par exemple, un biais cognitif que nous avons tous et qu'il vous faut fuir comme la peste, c'est le "biais de confirmation". Nous avons tous tendance à sélectionner les informations qui vont dans notre sens plutôt que des informations qui vont nous demander de remettre en question notre vision du monde et les hypothèses qui le sous-tendent. 

S'agit-il d'une vraie chaise ?

Pour réduire le plus possible cet aveuglement partiel, essayez le plus en amont possible d'être au clair avec ce que vous allez mesurer et la manière dont vous allez le mesurer et tenez-vous-y. Mesurer son impact d'une manière prédéterminée est la seule manière efficace et fiable de savoir "où vous en êtes" à ce sujet.

Pour être précis et cohérent dans la mise en place de la mesure d'impact il faut faire la différence entre :

  • "ressources" : ressources (humaines, financières) permettant la mise en œuvre des activités
  • "activités" : actions de votre structure pour atteindre ses objectifs
  • "réalisations" : les produits obtenus suite aux actions menées
  • "résultats" : effets immédiats des actions sur leurs cibles
  • "impacts" : conséquences sociales, économiques, environnementales, imputables aux actions menées
Dans son article l'Avise détaille cet exercice de découpage en prenant l'exemple d'une association pour l'éducation. Leur infographie à ce sujet est très parlante :

Si vous vous sentez l'âme d'un entrepreneur engagé, Il vous faut absolument vous plier à cet exercice d'introspection entrepreneuriale :

  • Quelles sont les ressources que vous allez / pouvez allouer au problème auquel vous voulez vous attaquer ?
  • Quelles sont les activités que vous développez pour y arriver ?
  • Quelle est la production issue de ces activités ?
  • Quels sont les effets immédiats de cette production sur les cibles / clients / bénéficiaires ?
  • Quels sont les impacts mesurables sur le long terme imputables à vos actions ?

​Il est important de souligner qu'on s'intéresse uniquement aux impacts directement imputables à vos actions. Si on observe un impact positif suite à vos activités, mais qu'on estime qu'il est dû à d'autres facteurs que votre action et qu'il aurait eu lieu sans vous, dans ce cas, vous ne pourrez pas considérer qu'il s'agit de votre impact social.

Chez les éthipreneurs, nous pensons que cette notion d'impact est vitale car si nous ne prenons pas le temps de penser et de construire notre "impact positif", nous risquons d'être à côté de la plaque que nous visons.

Cette mesure est importante car elle permet tout d'abord de vous assurer que vous avez bel et bien l'impact positif pour lequel vous vous êtes engagés.

Elle est ensuite essentielle car c'est la recherche et surtout l'atteinte de cet impact positif qui est la base de votre valeur ajoutée, c'est ce que beaucoup de partenaires viennent chercher. Sans cet impact positif, votre modèle économique peut s'avérer inexplicable, bancal et inintéressant. Être amoureux du problème que l'on adresse et savoir parler de son impact effectif, ce sont les bases de la communication d'un entrepreneur social.

Pour atteindre votre but, pour avoir l'impact que vous souhaitez, il faut, comme on vient de le voir, le mesurer. Il faut ensuite éviter de tomber dans les différents pièges de l'impact, il faut savoir prendre du recul et développer une vision systémique du contexte auquel on s'attaque pour ne pas créer des impacts négatifs collatéraux plus importants que notre impact positif. C'est ce qu'on découvrira dans le prochain article.

A très bientôt,


 

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Invité
vendredi 18 octobre 2019